Projections de février : Echelle Inconnue fait son cinéma à la ferme des Bouillons

150204 Echelle inconnueChaque mois, une association ou un collectif se met derrière le vidéo-projecteur de la ferme des Bouillons pour nous proposer une sélection de quatre films, diffusés chaque mercredi. En février, c’est le groupe Echelle Inconnue qui s’y est mis.

A la suite des films, les membres d’Echelle Inconnue nous présenteront leurs courts-métrages et nous proposeront d’échanger avec eux sur les activités de leur association.

Programme

– mercredi 4 février : Nestor Makhno, paysan d’Ukraine

– mercredi 11 février : Cargo-200

– mercredi 18 février : Séance « Groupes Medvekine »

– mercredi 25 février : J’ai huit ans

Infos pratiques : séances chaque mercredi, à partir de 19h30, à la ferme des Bouillons. Buvette sur place.

 

Mercredi 4 février

Nestor Makhno, Paysans d’Ukraine

Hélène Chatelain (1995) 58mn220px-1921._Нестор_Махно_в_лагере_для_перемещенных_лиц_в_Румынии

Paysan révolutionnaire, organisateur de l’émancipation prolétarienne, l’anarchiste russe Nestor Makhno est à l’origine d’une révolution libertaire ukrainienne réprimée dans le sang. Hélène Châtelain a exhumé les textes, les photos et les documents qui jalonnent la vie étonnante de Nestor Makhno, qui finit ses jours à Paris dans un hôtel près de la gare de l’Est.
De cette épopée, restent des textes qui dorment dans les bibliothèques. Souvenirs de Nestor Makhno, l’anarchiste-communiste, ou, comme le décrivent et l’histoire officielle et les films qui en témoignent, le « psychopathe-anarcho-bandit-antisémite ». Une nuisance à détruire, pas un ennemi à combattre.
C’est l’histoire du retour de ces textes à Goulai-Polie (et l’écho qu’ils y trouvent aujourd’hui, par delà la diabolisation qui frappa pendant 70 ans le mouvement makhnoviste), qui forme la trame de ce film.

A lire : la critique de Libération, un entretien avec la réalisatrice sur Chroniques Rebelles.

Après le film, Echelle Inconnue projettera

Babouchka / Brichkas

Film d’animation de Stany Cambot (8mn)

Application de la théorie de l’économiste Radaev à la ville foraine moscovite.
Avec les textes de Isaac Babel, Myriam Désert et Svetlana Alexievitch

Mercredi 11 février

Cargo-200

Alekseï Balabanov (2007)MV5BNTc5MDAxNzYwMl5BMl5BanBnXkFtZTgwNzYzMTA2MDE@._V1_SY317_CR6,0,214,317_AL_

1984. Dans un petit village perdu de la province russe, un policier maniaque enlève la fille d’un responsable local du parti communiste. Le seul espoir pour la jeune fille : son fiancé militaire, capable de la libérer du cauchemar. Mais il est tué en Afghanistan.

Aleksei Balabanov, se voyait comme le « rock’n’rolleur anti-establishment du cinéma russe » et poursuivait le but de réaliser « un cinéma dur et scandaleux, écrivait le Guardian dans la nécrologie que le quotidien avait consacrée au réalisateur, mort en 2013 à l’âge de 54 ans. Les films de Balanov sont « des comédies noires qui fixent sans ciller le caractère lugubre et la violence des derniers jours du communisme et de la société post-soviétique. »

Pratiquement inconnu en Europe, il avait rencontré le succès populaire en Russie avec les films d’action aux accents nationalistes Brat et Brat 2. Des cercueils avec des soldats soviétiques tués en Afghanistan, la vodka qui coule à flots, un policier qui torture ses détenus : Cargo 200 avait choqué par sa violence, et n’avait pas trouvé de télévision pour le diffuser.

Après le film, Echelle Inconnue projettera

Oleg artiste ou businessman de Moscou ville foraine

Stany Cambot (6mn)

De l’Ukraine à Moscou en passant par la Moldavie et, peut-être, bientôt, la France.

Ce n’est pas, dans le désordre, le parcours qui mena le jeune Makhno de Goulai Polié à la prison moscovite de Boutyrka puis de l’Ukraine à la France en passant par la Moldavie pour échapper aux balles russes et françaises en 1922.

Mais plus simplement le parcours d’un drôle de véhicule forain croisé avec son propriétaire au bord d’un trottoir de la gare de Bieloruskaya.

Nous l’avions croisé en Moldavie déjà, mais c’est d’Ukraine que vient la voiture/café. C’est Oleg qui nous le dit à l’arrière de son véhicule équipé.

Mercredi 18 février

Séance « Groupes Medvekine » 1968-1973

En mars 1967, le cinéaste Chris Marker reçoit une lettre de Pol Cèbe, ouvrieimagesr à l’usine Rhodiaceta de Besançon.  Les ouvriers sont grève et lui demandent de leur envoyer des films pour développer l’animation culturelle durant l’occupation. Chris Marker se rend à Besançon et filme de l’intérieur la grève des Rhodiaceta en faisant participer les ouvriers à la mise en scène et à la fabrication du film. A bientôt j’espère sortira en salle un an plus tard.

Cette expérience va déboucher sur la création de deux groupes d’ouvriers et de techniciens du cinéma mettant leur pratique en commun pour la création de films militants, à Besançon puis Sochaux. Ces groupes prennent le nom de Medvekine, en hommage au travail réalisé dans les campagnes russes, au début des années 1930, par le cinéaste soviétique Alexandre Medvekine.

Sélection de films tournés par les Groupes Medvekine entre 1968 et 1973.

Après le film, Echelle Inconnue projettera

Ici, les ouvriers Ouzbecks ne nomadisent pas en yourte

Stany Cambot (6mn)

Il a vingt ans est Ouzbek mais contrairement à l’image d’Épinal ce n’est pas en yourte qu’il nomadise mais de chantier en chantier, d’appartement en appartement. Trois ans, qu’avec ses deux compagnons, il habite les lieux mêmes des chantiers moscovites sur lesquels il travaille.

Mercredi 25 février

J’ai huit ans

Y. Le Masson, O. Baïdar-Poliakoff, R. Vautier (1961)
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A partir de leurs dessins, des enfants algériens parlent de leur expérience de la guerre.

Projeté clandestinement, saisi 17 fois et censuré pendant 12 ans, un film majeur sur la guerre d’Algérie.

 

Après le film, Echelle Inconnue projettera

Une Ville détruite par des hommes en uniforme

Stany Cambot (19mn)
Hypothèse 3 du projet Smala
Film réalisé à partir d’un diptyque vidéo conçu, monté et présenté à Villeurbanne, dans le cadre du projet Phare, organisé par le KompleXKapharnaüm en 2009.

A propos d’Echelle Inconnue :

Depuis 1998, Echelle Inconnue met en place des travaux et expériences artistiques autour de la ville et du territoire. Ces expériences au long cours interrogent et associent les « exclus du plan » (sans-abris, Tziganes, immigrés…). Elles donnent lieu à des interventions dans l’espace public, expositions, sites Internet, vidéos, affiches, cartes, publications… Ce dont il est ici question, c’est de « l’invisible de nos villes ».

Identifié par le philosophe Paul Ardenne comme représentatif de « l’art contextuel », le travail d’Echelle Inconnue se trouve aussi parfois qualifié d’ « artiviste » ou de « relationnel » selon les auteurs. Supportant difficilement les étiquettes, Echelle Inconnue tente d’assumer, du moins en partie, l’énonciation théorique de son travail en participant ou en organisant des conférences, des colloques avec des universitaires ou d’autres groupes, au croisement des questions de l’art, de la politique, de l’architecture et de la ville, ainsi qu’en collaborant à différentes revues et publications.

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