PLUI en détails

Présentation générale des PLU, puis examen synthétique du PLUI de la Métropole de Rouen, avec mise en évidence du côté destructeur et des aspects cachés.

1- Cadre général du Plan Local d’Urbanisme (PLU)

Les documents d’urbanisme visent à répondre aux besoins quotidiens des habitants en cherchant à préserver et développer la qualité du cadre de vie, en adaptant l’organisation territoriale selon la démographie, en promouvant la mixité sociale et en garantissant le maintien de la nature dans les secteurs urbanisés.

Ces documents permettent de définir des orientations en matière de préservation des espaces naturels agricoles et forestiers, d’habitat, de transport et déplacement, de performance environnementale et énergétique, d’aménagement commercial, de qualité urbaine, architecturale et paysagère.

Le PLU divise l’espace en 4 zones :

les zones urbaines (ZU) accueillent l’habitat, les activités économiques, différentes infrastructures

les zones agricoles (ZA) sont réservées aux activités de production agricole : champs, prairies, vergers, fermes

les zone naturelles (ZN) avec les forêts , les espaces ouverts, les zones de loisirs

les zones à urbaniser (ZAU) pour celles qu’il est prévu de faire passer de l’état agricole ou naturel vers l’état urbanisé.

C’est le développement continu de ces zones AU qui fait disparaître sous le béton
un département français tous les 7 ans.


2- Description du PLUI de Rouen Métropole 2020 – 2033

Jusqu’à maintenant, les PLU étaient entre les mains des 71 communes de la Métropole. A partir de 2020, cette responsabilité revient à la Métropole Rouen Normandie dans le cadre d’un Plan Local d’Urbanisme Intercommunal (PLUI).

Le Plan Local d’Urbanisme Intercommunal affiche les enjeux et ambitions pour la période 2020 – 2033. Et manifestement, l’avenir dessiné est moins vertueux que celui annoncé !

En effet, 1 020 hectares (ha) sont promis aux bulldozers. Une réduction de moins de 25% par rapport aux consommations de l’exercice précédent, pourtant jugé largement dispendieux.

Avec la disparition :

  • des dernières fermes et champs en cœur de ville (Canteleu, Bonsecours, Bihorel, Bois-Guillaume, ….),
  • de vergers (Jumièges, …),
  • de nombreuses surfaces cultivées proches des zones urbaines et propices à la réalisation d’une ceinture maraîchère,
  • de forêts urbaines ou péri-urbaines, poumons de notre territoire…

C’est une partie riche et précieuse de notre territoire qui est définitivement détruite.

Dans le détail, quelles utilisations sont prévues pour ces 1 020 ha de terres agricoles et naturelles menacées d’urbanisation ?

  • Habitat : 360 ha
  • Activités économiques : 300 ha
  • Équipements / infrastructures : 250 ha
  • Espaces en cours d’évolution : 110 ha

3- Zones d’ombre du PLUI

Le problème du changement de référentiel

Ce PLUI est le premier conduit par la Métropole. Il fait suite à près de 71 PLU communaux construits selon des méthodes et des objectifs différents. Un des premiers travaux de la Métropole a été de réaliser une synthèse et une harmonisation entre les documents d’urbanisme existants.
Il en résulte une grande difficulté à appréhender l’évolution entre l’avant PLUI (complètement retravaillé et donc un peu arbitraire) et le nouveau projet de PLUI.
En particulier, la Métropole annonce que les 1020 hectares de terres voués à l’urbanisation n’intègrent pas 300 hectares qui étaient « à urbaniser », qui restent à urbaniser, mais qui ont été décrétés déjà urbanisés.
Donc 300 hectares qui risquaient de peser lourd dans l’image « bétonneuse » de la Métropole qui sont masqués, « ni vus ni connus ».

Le grand flou sur les infrastructures et grands projets

Le document « Evaluation Environnementale » du PLUI évoque 3 grands projets : la Liaison A28-A13, le Contournement de l’agglomération elbeuvienne, la ligne de train Ligne Nouvelle Paris-Normandie.
250 hectares sont prévus en extension pour la réalisation de « toutes » les infrastructures sur la période du PLUI, dont 243 hectares pour la Liaison autoroutière A28-A13. Rien n’est dit sur les autres infrastructures, mais il ne reste que 7 hectares (???).
La réponse est peut-être à chercher dans la création d’un zonage « hybride » pour les infrastructures : des zones agricoles ZA ou naturelles ZN affectées d’un suffixe infrastructure « ir » (ZA-ir, ZN-ir). Sans doute des champs ou forêts autoroute ; mais 920 hectares, quand même!

Donc, l’annonce de 1020 hectares en urbanisation nouvelle, c’est sans compter les gros à-côté. Attention aux mauvaises surprises.



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