Les réponses de Baptiste Mégard à nos alertes : revue de presse

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Le 27 juin, nous nous rendions avec des casseroles sous les fenêtres de la Safer, pour dénoncer la principale irrégularité parmi les nombreuses constatées depuis l’arrivée de la SCI In Memoriam des frères Mégard sur la ferme des Bouillons : la requalification, dans l’acte de vente, d’un bâtiment agricole et d’une ruine en « maisons d’habitation ».

Pour la Safer, qui acceptait pour la première fois de nous recevoir, l’affaire est entendue : tout cela est parfaitement légal, car cautionné par le notaire. Voire… Nous entamons des démarches auprès d’avocats spécisalisés pour que ceux-ci nous expliquent le droit qui s’appliquent et nous fassent part de leur avis sur la légalité d’une telle opération.

Entre-temps, il y a le feu chez les Mégard : le porteur officiel du projet, Baptiste, s’est donc répandu dans les médias pour l’assurer : tout va pour le mieux aux Bouillons.

Vous pouvez retrouver ci-dessous les trois interviews de Baptiste Mégard, dans lesquelles les journalistes ont malheureusement fait preuve de peu de pugnacité, se contentant de relayer bien platement les éléments de langage déroulés par Baptiste Mégard sans en questionner la réalité et la conformité avec les engagements pris l’été dernier.

Deux éléments importante ressortent toutefois de ces articles. Si les différentes raisons qu’il en donne sont incohérentes entre chaque interview, Baptiste Mégard l’admet : il y a bien un projet immobilier aux Bouillons. Maisons ou gîtes, c’est là la seule question en suspens. Enfin, le projet actuellement entrepris sur le site n’a manifestement que peu à voir avec ce qui avait été annoncé à la Safer et dans les médias l’été dernier. La vocation agricole annoncée est déjà menacée, remplacée par la sous-traitance d’une partie du site à une association accompagnant les personnes handicapées, « Cheval espérance ».

Gîtes, accueil des handicapés… restera-t-il un peu de place pour la relocalisation alimentaire à la ferme des Bouillons ? Ce n’est en tout cas pas cette année qu’on aura la réponse, Baptiste n’ayant pas eu de temps à consacrer au maraîchage cet année.

Comme le conclut Paris Normandie, la terre finira par livrer sa vérité…

Ferme des Bouillons à Rouen : le propriétaire répond aux critiques

Tendance Ouest, 7 juillet 2016, par L.D.

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Photo : Tendance Ouest

Baptiste Mégard, propriétaire et futur exploitant de la ferme des Bouillons à Mont-Saint-Aignan (Seine-Maritime) répond aux critiques des anciens occupants qui lui reprochent de vouloir réaliser une opération immobilière sur le site. Lui évoque « un projet agricole avant tout » et avance, à terme, un projet de chambres d’hôtes.

Les anciens occupants de la ferme des Bouillons, à Mont-Saint-Aignan (Seine-Maritime), n’ont pas désarmé. Expulsés de la ferme en août 2015, ils reprochent aux nouveaux propriétaires, les frères Mégard, deux choses : la requalification de deux bâtiments agricoles en habitations et le fait que Baptiste Mégard, le futur exploitant, ne soit toujours pas affilié à la Mutuelle Sociale Agricole et ne soit donc toujours pas officiellement chef d’exploitation.

Baptiste Mégard leur répond. Il défend son projet comme « agricole avant tout » avec « du maraîchage, des animaux, l’accueil de publics pour transmettre les savoirs ». Et va même plus loin : « Nous sommes en train de tisser un partenariat avec une branche de l’association Cheval Espérance, pour accueillir des personnes en situation de handicap ou fragilisées. Nous nous servirons de la ferme pour les accueillir et les réinsérer. »

Voilà pour le côté agricole. Côté administratif, Baptiste Mégard évoque bien « quelques lenteurs » qui font que tout n’est pas allé aussi vite que prévu. Mais son affiliation à la MSA « n’est qu’une question de jours, peut-être de semaines ».

Enfin, côté immobilier, le futur exploitant rappel avoir « pris l’engagement de garder la vocation agricole du site. Il est évident qu’on ne va pas se mettre à construire une tour d’immeuble ici ». Il explique surtout vouloir « redonner vie à des bâtiments dans un état de précarité assez élevée ». Un projet de gîte ou de chambres d’hôte pourrait être développé dans les bâtiments agricoles rénovés. Mais, selon l’aveu même de Baptiste Mégard, cela prendra des années.

Ferme des Bouillons : « Mon projet avance »

agri-culture.fr, le 8 juillet, par Benoît Delabre

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Photo : agri-culture.fr

Soupçonné de vouloir démembrer la ferme, Baptiste Mégard, propriétaire des Bouillons à Mont-Saint-Aignan donne sa version des faits.

Acheteur de la ferme des Bouillons de Mont-Saint-Aignan (76) il y a un peu moins d’un an, Baptiste Mégard est à nouveau soupçonné de mercantilisme par le collectif citoyen Bouillons Terre d’Avenir

S’il admet volontiers avoir été optimiste sur les délais pour lancer son activité, le jeune homme l’assure pourtant : son projet agricole avance.

 

10 mois pour devenir agriculteur

« J’ai déposé ce matin (ndlr : le 7 juillet) la création de la société, explique-t-il, un large sourire aux lèvres. Je ne sais pas quel sera le délai de publication légale, mais on peut dire que je suis officiellement agriculteur. »

L’aboutissement du traditionnel parcours à l’installation ouvrant droit aux aides aux jeunes agriculteurs, et qu’il a effectué auprès de la Chambre d’Agriculture. Un parcours, que, ses détracteurs l’admettent, nécessite entre 6 et 8 mois à lui seul.

La réalisation du business plan s’est faite dans ce cadre. Avec une incertitude qui perdure autour de la possibilité ou non de construire des serres maraîchères sur le terrain, classé en zone non-constructible au PLU…

« Nous sommes en négociation depuis le début avec le service urbanisme de la ville, assure Baptiste Mégard. C’est long et complexe… Le business plan ne sera évidemment pas le même selon que l’on pourra ou non avoir des serres. »

 

Production, accueil et handicap

Désormais, donc, un agriculteur étant aux mains de la ferme, l’activité va pouvoir se mettre en place. Depuis l’achat, le projet de Baptiste Mégard a quelque peu évolué.

Il s’appuie désormais sur trois axes : la production maraîchère bio et la vente directe, une activité de ferme pédagogique… et l’accueil de personnes à handicap. Une nouveauté qui à laquelle il a fallu consacrer du temps.

« Nous sommes en train d’établir un partenariat avec l’association Cheval Espérance, duquel va découler une nouvelle association Ferme Espérance, qui va se servir de la ferme pédagogique pour faire de la médiation animale et horticole. »

Malgré ces avancées, Baptiste Mégard n’est pas encore en ordre de marche. La mise en valeur du site a débuté avec la plantation de haies, d’un verger…

Mais la production en tant que telle ne débutera sans doute pas avant le printemps prochain. Et pour l’accueil à la ferme, de gros chantiers attendent encore la Ferme des Bouillons, pour assurer la sécurité des visiteurs : enfants et personnes handicapées.

« On part de loin : la ferme n’a pas été exploitée depuis des années, et les bâtiments nécessitent des mises aux normes importantes. »

Au bout : le souhait d’aboutir à la création de 4 emplois (dont celui de Baptiste Mégard lui-même).

 

Bâtiments : une réhabilitation assumée

Reste la question des bâtiments… question qui a été la raison de la remobilisation récente du collectif Bouillons Terre d’Avenir. Entre 2012 et 2015, les actes notariés ont vu passer de 1 à 3, le nombre d’habitations sur le site… De quoi inquiéter le collectif qui craint un démantèlement de la ferme.

Baptiste Mégard se défend : « On ne veut pas lotir la ferme : d’abord on n’en a pas le droit, et ensuite ce n’est pas du tout notre ambition. »

Pour autant, le jeune homme ne cache pas son souhait de réhabiliter ces constructions pour leur donner une vocation de logement. « Regardez le bâtiment devant nous : c’est une maison en ruine, quoi qu’on en dise. Soit on la regarde tomber, soit on essaie de lui redonner vie. Et on ne mettra pas de volailles dedans : c’est une maison ! »

Néanmoins, ces idées de rénovation, Baptiste Mégard l’assure, ne sont pas sa priorité pour le moment. Il y voit malgré tout une vraie cohérence : la sauvegarde du site, mais aussi l’opportunité de loger sur place exploitants et salariés qui seront, il l’affirme, prioritaires pour l’accès à ces habitations.

La ferme qui fait toujours causer

article-pn-2016-07-22-megardParis-Normandie, 22 juillet, par Thierry Rabiller

Vous pouvez retrouver l’article de Paris Normandie en cliquant ici ou sur l’image ci-contre.article-pn-2016-07-22-megard

 

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