Ereib… A l’envers, ça donne bière ! (agri-culture.fr, 9 février 2015)

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Ereib… A l’envers, ça donne bière !

Photo : B.Delabre
Installé à St-Aignan-sur-Ry, Emmanuel Houdré brasse une large de bières artisanales et biologiques.

Dans la région de Rouen, de bière, il y en a une qu’on connaît bien… Mais il y a aussi la petite qui monte produite par la très artisanale brasserie Ereib à St-Aignan-sur-Ry. Aux manettes de cette brasserie qui produit 10 000 litres de bière par an: Emmanuel Houdré.

Le jeune homme a installé ses petites affaires dans un coin de la ferme d’Olivier Lainé à St-Aignan-sur-Ry il y a tout juste 3 ans.

C’est son goût pour le grand air qui l’a conduit à cette production. Après des études de microbiologie et un master, Emmanuel Houdré goûte en effet au monde des laboratoires… Mais il ne se satisfait pas de cet environnement par trop confiné. Alors le voilà qui se lance. « Je faisais déjà de la bière pour moi. J’ai décidé de la vendre et c’est comme ça que ça a commencé. »

Le Bio : une double évidence

Dès son installation, le Bio s’impose comme une double évidence. D’abord, Emmanuel a grandi ici, dans cette ferme où la production biologique est une évidence. Mais au-delà des convictions, le jeune homme voit aussi dans cette certification un positionnement commercial original. Un moyen de se différencier par rapport aux autres bières artisanales locales.

Sa clientèle le démontre d’ailleurs : ce positionnement lui a naturellement ouvert les portes des magasins spécialisés dans l’alimentation biologique ou des Amap (Associations pour le maintien d’une agriculture paysanne).

Pour le reste Emmanuel Houdré livre aussi quelques bars et restaurants de Rouen, ainsi que des producteurs fermiers qui cherchent à diversifier la gamme des produits qu’ils proposent à la ferme. « La bière est un produit qui se vend bien : plus on en fait, plus on en vend. »

Des classiques à la bière à la pomme

D’autant que le jeune homme cherche à satisfaire une large clientèle, avec une gamme élargie de produits. Il y a les traditionnelles : brune, ambrée, rousse, blondes (Ereib et Bibina) et blanche. Il y a ajouté les saisonnières, comme la bière de Noël, dont le succès ne se dément pas d’année en année. « J’augmente chaque année la production, mais je n’arrive jamais jusqu’à Noël », sourit Emmanuel Houdré.

Et puis il y a des bières parfumées. « Celle au miel plaît beaucoup… » souligne-t-il. Par contre celle à la pomme peine à séduire. « On est sur un nouveau produit qui perd un peu l’image de bière. Les gens sont un peu plus réticents à essayer. »

Pas de quoi décourager notre brasseur qui a encore dans son sac quelques projets un peu étranges, comme le développement d’une bière ambrée au café. Il a même expérimenté une bière à la menthe poivrée et une blanche au thym citron. L’idée étant de mettre en valeur les herbes aromatiques produites par avec un producteur du sud de Paris. « Ca fait des produits originaux où on sent vraiment la puissance aromatique des herbes. »

Aller plus loin dans le « local »

Cette large gamme n’est pas sans poser quelques problèmes : pas facile d’assurer un stock suffisant sur tous les produits. Mais Emmanuel Houdré assume : « Cela permet de varier un peu, de ne pas faire toujours la même chose. »  

D’ailleurs il l’avoue : « Il n’y a pas de marque de fabrique Eréib : ce sont des bières vraiment toutes différentes les unes des autres avec des recettes qui leurs sont propres. » Les ingrédients ont été choisis avec soin. Le malt, fabriqué à partir d’orges françaises, provient de la Malterie du Château à Beloeil en Belgique. Le houblon arrive tout droit d’Alsace.

Mais on a la fibre locavore ou on ne l’a pas… Alors Emmanuel Houdré aimerait bien franchir un nouveau cap et trouver sa matière première beaucoup plus près… « On produit de l’orge sur la ferme. Mais le problème c’est le maltage. » Or les outils de maltage sont très chers et mal dimensionnés pour de petites brasseries artisanales…

Emmanuel Houdré réfléchit donc à monter un projet local de maltage avec d’autres brasseurs… On en est encore qu’au stade de la réflexion. Mais le jeune homme en a déjà les yeux brillants : « Ce serait un vrai aboutissement d’arriver à produire le malt et le houblon sur l’exploitation… »

Pour une bière 100 % locale.

 

Lieux de distribution à découvrir sur le site de la brasserie.

09 Février 2016 | Benoit Delabre

 

 

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