Des nouvelles de « Fort Mégard » et de sa décharge

Merci à tous pour votre attachement à l’intégrité du site de la Ferme des Bouillons. Plus de 20 000 personnes ont consulté l’alerte publiée sur notre site internet, et nous avons reçu des dizaines de commentaires indignés et de mots de soutien ! Un point sur la situation après le conseil municipal du 6 avril 2017.

Jeudi 6 avril 2017, nous étions plus de quarante pour distribuer des tracts à l’entrée de la mairie de Mont-Saint-Aignan, puis sommes intervenus en conseil municipal par la voix de Colette, malgré l’absence d’accord de Mme le maire. Cette intervention visait à informer les élus de Mont-Saint-Aignan des infractions au Code de l’urbanisme de la famille Mégard à la Ferme des Bouillons, qui transforment la ferme en décharge, et à leur demander de s’engager à faire respecter son statut de Zone Naturelle Protégée.
Trois membres de l’association ont été reçus le lendemain par Mme le maire. Celle-ci a considéré que les infractions au Code de l’urbanisme étaient de nature temporaires (alors qu’elles durent déjà pour la plupart depuis août 2015), et a nié l’impact des déversements de tonnes de remblais et déchets du chantier Bouygues Immobilier « Balcons du Houlme » sur le site. Après que nous lui avons présenté des photos des déchets déposés sur le site de la « ferme Saint Aignan » (nom que lui ont donné les propriétaires Mégard), elle a finalement proposé de saisir les services de l’Etat afin qu’ils jugent si les matériaux importés sur la ferme sont réglementaires ou non. Nous serons vigilants à ce que cette promesse soit rapidement suivie d’effets.
Ce même jour, une équipe de France 3 est venue réaliser un reportage sur le sujet. Ils ont interrogé des militant.e.s des Bouillons et filmé les déchets. Les Mégard, pourtant sur place, ont refusé de répondre à leurs questions, et tenté d’empêcher les journalistes de faire leur travail. Ils ont finalement réclamé un délai de plusieurs jours aux journalistes pour leur répondre, ce que ces derniers ont accepté. Depuis, les Mégard s’activent pour disperser les déchets et gravats, et les enfouir sous de la terre…
« Fort Mégard »
Que font les Mégard avec ces tonnes de terre et de déchets ? Ils érigent une barrière « naturelle » de deux mètres de haut tout autour de la ferme, et, à l’intérieur du site, entre les maisons et l’espace agricole principal. Leur justification : ils érigeraient des talus cauchois pour se protéger du vent.
Tout bon Cauchois sait évidemment qu’on ne dresse pas un talus avec des déchets de chantier, mais avec la terre utilisée pour creuser le fossé qui bordera le talus. Tout bon permaculteur sait aussi qu’on aménage un site en utilisant les ressources disponibles sur place, en limitant ses éventuels aménagements à la prise en compte des vents dominants, et évitant au maximum l’utilisation d’engins mécaniques et d’énergies fossiles.
Rappelons enfin que le site de la Ferme des Bouillons est déjà, autour des bâtiments principaux, un clos masure, habitat typique normand bordé d’arbres, et qu’il existe déjà un talus cauchois planté d’arbres protégés, le long de l’ancien chemin creux millénaire qui longe la ferme à l’est. Et précisons que seuls 2 000 mètres carrés sont réservés à l’agriculture dans le fameux projet de la « ferme Saint Aignan », et donc à « protéger du vent ».
Non, la véritable explication est bien plus prosaïque : en toute irresponsabilité, et au mépris de l’histoire, du patrimoine et de l’équilibre écologique du lieu, la famille Mégard est en train d’ériger avec l’accord de la municipalité des barrières tout autour du site, afin qu’il ne soit plus possible de voir de l’extérieur ce qui s’y passe.
Si les autorités laissent faire ce projet, les promeneurs qui emprunteront à l’avenir le chemin des Bouillons ne verront plus de la ferme qu’un mur de terre… souvenir d’un chantier Bouygues Immobilier. Cette ferme a été sauvé par une mobilisation citoyenne et exemplaire, et soutenue par les pouvoirs publics locaux qui ont reconnu que le site devait être préservé pour y être consacré à l’agriculture biologique, aux circuits courts et au lien ville-campagne.
Nous n’avons pas, ensemble, sauvé la ferme pour ça !

3 commentaires

  • Nous sommes avec vous, je suis une des secrétaires des anti GDE à Nonant le pin…Nous avons fini par gagner à force de ténacité et de procédures…..
    Ne lâchez rien !!!!

  • adlevasseur@orange.fr

    Il va nous falloir un drone

  • Extrait de l’interview de Thibaut Mégard sur La Chaîne Normande ( visible sur le site « Oeuvre d’arbre »:

     » Mathieu ( Mégard) le dit: » Le jardin est l’image du propriétaire, de la personne qui occupe la maison ».

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