Bouillons Terres d’avenir veille sur les terres agricoles (Paris-Normandie, 19 février 2018)

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Ils n’ont pas dit leur dernier mot. Le noyau dur de l’association Bouillons Terres d’avenir a de la ressource. Humaine et stratégique.

« Ensemble nous avons sauvé du béton les 4 hectares de la ferme des Bouillons à Mont-Saint-Aignan. Aujourd’hui, 1 475 hectares de terres agricoles sont menacés dans la Métropole pour les vingt prochaines années. Nous avons un rôle à jouer », positive Philippe Vue, coprésident.

Le quartier général a changé. Fini les bottes et le poulailler, c’est désormais à la Maison des associations et de la solidarité, dans le quartier Pasteur, que le noyau dur tient ses réunions. Avec cette citation de l’Abbé Pierre à l’entrée : « C’est quand chacun de nous attend que l’autre commence que rien ne se passe ».

Samedi matin, à l’assemblée générale, les historiques sont toujours là, comme l’infatigable Colette. Marie-Jo enchaînera l’après-midi avec une réunion Alternatiba. Claire va prendre un peu de distance, trop mobilisée par le soutien aux migrants. Mais André, Lionel et Sonia sont venus des Hauts de Rouen pour élargir le champ d’action : « Votre chapiteau nous intéresse pour notre fête du quartier le 10 juin. Vous êtes les bienvenus ».

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Un adhérent pousse la porte simplement pour renouveler sa cotisation de 10 € et propose, cadeau, un aller-retour SNCF Rouen-Paris valable jusqu’à jeudi. Ils sont comme ça les Bouillons. Avec en plus un carnet d’adresses qui fait des envieux : 2 200 sympathisants susceptibles d’être mobilisés. Mais pour quoi faire ?

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Le noyau dur de l’association peut compter sur un précieux carnet d’adresses de 2 200 sympathisants

C’est tout l’enjeu de cette assemblée générale. Garder un pied dans la place. Construire l’avenir. Veiller à ne pas étouffer la flamme. Mettre son nez partout… « Et on garde le nom de notre site internet la ferme des bouillons pour affirmer qu’on n’a pas perdu, que les nouveaux propriétaires n’ont pas la légitimité », s’amuse le groupe.

« On est pris au sérieux »

Désormais, l’engagement se concentre sur la veille foncière pour protéger les terres agricoles sur l’ensemble du territoire métropolitain, voire à la frontière d’une autre intercommunalité.

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« On participe à des réunions de travail, on est représentés dans les instances de concertation, on épluche les cartes, on est pris au sérieux. La Métropole a certes diminué le grignotage des terres agricole mais on s’inquiète pour les zones commerciales, l’effort est insuffisant », annonce Philippe Vue. Sans compter une vigilance pour que ne soient pas rayées du paysage « les dernières fermées recensées dans l’agglomération, d’utilité publique » ou l’animation de trente jardins partagés dans Rouen « pour rétablir du comestible dans l’urbain ».

Certes, la douloureuse expulsion, en août 2015 (après deux ans et demi d’occupation), commence à être digérée. Mais… « Lutin [un ancien occupant condamné en 2017 pour avoir blessé un pompier, NDLR] termine bientôt son travail d’intérêt général. Il y a toujours en suspens les dommages et intérêts au pompier blessé », explique Valérie, « sa deuxième maman ».

Pour rendre visible son message, l’association mise sur son chapiteau acquis par souscription. Riwal, bénévole de la première heure, se démène pour qu’il soit aux normes de sécurité pour l’accueil du public. « L’architecture et les structures mobiles, c’est ma passion. Un chapiteau c’est un objet qui a une âme et qui attire, comme un phare. Ça change des tentes blanches des collectivités. » Il a d’ailleurs son nom : le chapiteau des possibles…

Site : lafermedesbouillons.fr

 

PARIS-NORMANDIE Sophie BOGATAY – Publié 18/02/2018 23:52

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